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LA VENUE D'ORELSAN À VITRY-LE FRANCOIS, POUR UN CONCERT À L'ORANGE BLEUE

01/06/2009 à 21:35
Chantal POIGNANT
01/06/2009 à 21:35

"Suce ma bite", "sale pute" : fiction ou réalité ? Les avis sont partagés mais imposture, c’est sûr !

Alors qu’Aurélien du Cotentin, alias OrelSan, jeune homme de « bonne famille », fils d’une institutrice et d’un directeur d’établissement scolaire, délivrait son mode d’emploi en tentant d’expliquer que les « paroles » de ses « chansons » devaient être prises au second degré, se confondait en plates excuses aussi peu sincères que ses « réflexions » autour de son propre nombril sur le fait que ses fantasmes crus avaient choqué et peut-être blessé mais qu’ils n’étaient en rien l’apologie de la violence (on te croit nounours !), une jeune fille dans la salle, a pris la parole et voilà ce qu’elle dit : « ce rappeur reflète ce qu’est la jeunesse aujourd’hui ; on s’entend tous parler comme çà, le problème c’est vous, votre génération ; il faut plutôt se demander comment on en est arrivé là… »
Stupeur dans ma tête ; mon dieu, je serais responsable (avec d’autres) de cette situation mais alors, il ne faut pas en rester là, il faut que cela s’arrête ; ainsi, les fantasmes grotesques d’Aurélien deviendraient une réalité de terrain …

Monsieur Jean Bartoloméo, professeur de lettres au lycée François Premier et présent à ce concert, assure lui aussi (voir le journal « l’Union »), qu’effectivement le monde d’OrelSan représente le monde des jeunes qu’il côtoie à la cité scolaire.
Jean, vous qui semblez comprendre si bien cette situation, vous auriez du venir au débat et nous donner des clefs : comment faire pour « réparer » nos erreurs (j’en ai fait et continuerait d’en faire malheureusement, c’est certain, personne n’est parfait) qui ont conduit nos jeunes à cette triste position et aider à faire germer l’espoir d’une vie meilleure ? Aidez nous à découvrir la poésie des textes, à traduire ces cris féroces en langage ; non, je ne suis pas une « vieille » frustrée conformiste, hélas, j’ai galéré moi aussi, (même si comme l’Aurélien, je viens d’un milieu privilégié au niveau matériel, cela ne nous épargne pas d’autres misères, tiens !) connu des joies et d’immenses peines mais je ne serai jamais résignée à me complaire dans une douloureuse acceptation et expression des « pulsions de mort » que nous partageons tous dès notre naissance (voir le b-a-ba de la psychanalyse dont je vous fais grâce ici).

Serait-ce possible, que ce jeune-homme aux airs de gros bébé bien nourri, ait réussi à faire passer son désarroi personnel en malaise social ? Serait-ce possible qu’en marchandant son petit problème d’oedipe avec lequel il fait du fric (et son producteur aussi), l’Aurélien puisse berner les jeunes confrontés à d’autres problèmes ?
Heureusement, une petite centaine seulement de jeunes sont venus de toute la région et ont répondu à la manipulation.
L’imposture n’a pas tout à fait pris.
Allez, l’Aurélien, va biberonner et suce ta bite quand tu déprimes.
Je suis certaine que la jeunesse trouvera d’autres voies (voix) de salut, d’autres réponses plus solidaires, plus constructives.
La lutte n’est pas terminée mais demande autre chose qu’une jouissance morbide.
Vous le prenez, au premier ou au second degré, comme vous voulez !
Mais « courez, courez » sans fuir et marchons ensemble vers des objectifs de vie décents pour tous.

Vous venez à la manif le 13 juin ?

Chantal POIGNANT.

poignant chantal
01/06/2009 à 23:00

je suis en train de parcourir le blog de l'Aurélien et je trouve ce message :
* A propos de sale pute...Je veux dire qu'en tant qu'artiste des mots, en tant que pair d'Orelsan (même génération, même médium de création) je tiens à inscrire ma critique. Sale Pute, c'est un chanson conne, tout simplement. , Lyrical indigestion, rien à voir avec l'esprit du hip hop, la recherche des mots qui vont bien, tu sais, se creuser la tête pour trouver des images...Non, rien que la stupidité-stupide du gars qui est dépassé par les évènements et qui braille comme un sale petit bébé que lui aussi il va faire bobo à celle qu'il aimait et qui l'a trahi, s'il le peut...Je suis québécoise et je vais vous dire franchement, les français, ça fait trois ans que je vis ici, et j'en suis convaincue maintenant, sur la question des relations hommes-femmes, la plupart d'entre vous êtes carrément RETARDÉS. On n'est plus en 1820, les femmes font ce qu'elles veulent et si tu la satisfait pas ta copine, Orelsan, elle va aller voir ailleurs et elle aura bien raison! Avoir un mic dans les mains ça donne du pouvoir mais aussi des responsabilités. Et prétendre au statut d'artiste, ça veut dire s'engager à transformer ses sentiments directs à travers son médium de création pour rendre au public une oeuvre, pas une poussée de testostérone! Si Beaudelaire avait simplement dit "j'aime le shit et l'alcool", on n'aurait pas eu Les Fleurs du Mal. A mes yeux t'es pas un artiste, t'es un p'tit opportuniste qui capitalise sur la bêtise des hommes...C'est peut-être pas un hasard que tout ceux qui t'appuient sur ce site ne savent pas écrire, et que la plupart des messages qui te critiquent sont bien écrits et structurés...C'est facile de faire son pain sur les plus gros préjugés! Apprends-donc ton métier...

Ouf, donc c'est bien ce que j'essayais de faire comprendre, lors de ce "débat" à Vitry le François avant le concert autorisé par la municipalité et salué par le directeur de l'Orange bleue : l'art demande que l'on puisse transcender ses émotions, sublimer ses pulsions ; l'art, ce n'est pas un cri primal!
Merci.
Chantal Poignant.
PS : vérifiez vite sur le blog de l'Aurélien.

Chantal POIGNANT-GAUNEL
02/06/2009 à 11:21

QUELQUES PIECES COMPLEMENTAIRES AU DOSSIER D'OREL-NAZEÀ CE DOSSIER :

Car il faut des éléments de "preuves" pour aider à former des opinions libres en dehors de tout arbitraire.


Peut-on considérer comme "oeuvre artistique" ce genre de paroles mises en "musique":

1. "J'écris des textes comme si c'était des cours pour les vicieux...
Les dep qui disent que'j'suis homophobe peuvent aller se faire enculer
Ceux qui marchent pas avec nous peuvent aller se faire amputer...
Petite, essaie pas de me fréquenter
Ou tu vas perdre ton pucelage avant d'avoir perdu tes dents de lait...
Les féministes me persécutent, me prennent pour Belzébuth
Comme si c'était d'ma faute si les meufs c'est des putes...
J'suis veilleur de nuit, slash baiseur de truie..." (dans "Courez, courez");

2. "Mais ferme ta gueule ou tu vas t'faire marie-trintigner
J'te l'dis gentiment, j'suis pas là pour faire des sentiments...
Appelle-moi Démonte-Pneus, Monsieur le Déménageur
J'crache dans ta femme enceinte et j'te fais un bébé nageur...
J'te tèje la veille et j'te r'baise le lendemain
Suce ma bite pour la Saint-Valentin...
Quand j'ai bu beaucoup d'bières, j'vais direct au contact
J'aime les chattes qui ne datent pas d'hier et celle qui ont pas le bac...
J'aime les blondes quand elles sont baillonnées...
Viens bébé on va tester mes nouvelles MST !" (dans « Saint-Valentin »)

3. "T'es juste bonne à te faire péter le rectum même si tu disais des trucs intelligents t'aurais l'air conne
J'te déteste, j'veux que tu crève lentement, j'veux qu'tu tombe enceinte et qu'tu perde l'enfant...
On verra comment tu fais la belle avec une jambe cassée,
On verra comment tu suces quand j'te déboiterai la mâchoire, T'es juste une truie, tu mérites ta place à l'abattoir...
J'rêve de la pénétrer pour lui déchirer l'abdomen...
Si j'te casse un bras, considère qu'on s'quitte en bon terme...
J'vais te mettre en cloque sale pute
Et t'avorter à l'opinel..." (dans "Sale pute")

4. "C'est pas en insultant les meufs dans mes r'frains que j'deviendrai quelqu'un, mais j'aime bien..." (dans "Etoiles invisibles")

5. "J'rêve de péter les dents d'l'autre pétasse des Pussycat Dolls" (dans "Sous influence")

6. "Maintenant les meufs portent du Vuitton, des grosses lunettes dorées
Avant c'était qu'pour les vieilles putes blondes décolorées
Les gars s'habillent comme des meufs et les meufs comme des chiennes
Elles kiffent les mecs efféminés comme si elles étaient lesbiennes..." (dans "Changement")

7. "J'finirai par acheter ma femme en Malaisie...
Renseigne-toi sur les pansements et les poussettes
J'peux t'faire un enfant et te casser l'nez sur un coup de tête
Poulette pourquoi tu veux pas sortir avec moi ?
J'adore passer par les p'tits trous, j'adore me sentir à l'étroit..." (dans "Différent")

Voilà quelques échantillons des délires de ce bobo malade (non-représentatif des banlieues), glanés à différents moments de son "oeuvre" qui ne se limite pas à un dérapage, mais s'avère être une transgression constante et délibérée.

Il suffirait de mettre en parallèle avec çà 2 séries de données, pour ne pas avoir à argumenter sur le fait que ce monsieur se retranche derrière la liberté d'expression ( !) mais se permet de faire adresser des mises en demeure par son avocat afin qu'ils/elles "interrompent immédiatement toute action de nature à porter atteinte au bon déroulement de la carrière d'OrelSan" ( !):

1. Dans le couple, chaque année:
- 4,3% de femmes menacées ou injuriées = soient 776000 femmes;
- 3% de femmes violentées physiquement = soit 541000 femmes;
- 0,7% de femmes violées = soit 126000 femmes; soit 1 viol toutes les 5 minutes.
Au total, 10% de femmes victimes de violences conjugales, soit 1 800 000 femmes; et 1 femme meurt tous les 2 jours sous les coups de son conjoint ou son ex-conjoint.

2. Hors du couple, chaque année:
- 16,9% de femmes injuriées = 3049774 femmes;
- 5,5% de femmes menacées = 992000 femmes;
- 2,5% de femmes violentées physiquement = 451000 femmes;
- 5,9% de femmes sexuellement agressées = 1 065 000 femmes = 1 agression sexuelle toutes les 30 secondes;
- 1,5% de femmes violées = soit 270 000 femmes = 1 viol toutes les 2 minutes.
(sources ENVEFF 2000 et INSEE 2008)

L'Association (ECVF) des Elu-e-s Contre les Violences Faites aux Femmes (qui regroupe absolument toutes les sensibilités de l’arc politique et démocratique français de l’ump au pcf) indique le sens de la mise en parallèle de ces statistiques et des paroles de ces "chansons":
"… Il existe un continuum entre les violences les plus légères, comme les violences verbales et les violences les plus graves: violences physiques, agressions sexuelles, viols, meurtres. Les premières préparent l'acceptation des autres en sapant la résistance des individus: victimes ou témoins potentiellement en mesure d'intervenir. Elles confortent aussi les agresseurs dans leur violence..." .

J'espère que vous comprendrez pourquoi l'on ne peut pas se taire et laisser faire en pensant qu'il s'agit là de choses marginales ou subalternes par rapport aux choses et aux débats plus "fondamentaux".

Chantal POIGNANT-GAUNEL.

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